Le Rite Moderne d’Ecosse

Genèse du Rite Moderne d’Écosse

Le Rite Moderne d’Écosse (RME) est apparu peu avant 2019. Il est le fruit d’un long travail sur l’évolution des rituels maçonniques et leurs liens avec le fond légendaire européen. Plusieurs questions ont présidé à la création de ce rite :

  • Pourquoi n’existe t’il pas, dès le premier grade, des rites maçonniques qui fassent appel aux contes et légendes liés à l’histoire européenne et notamment concernant la si riche mythologie celte alors que les fondateurs supposés de la première Grande Loge de Londres et de Westminster de Juin 1717 étaient les mêmes que ceux qui participèrent à la fondation du « Druid Order » la même année ?
  • Pourquoi l’Ordre d’Eri, ordre maçonnique celte Anglo-Saxon, est exclusivement accessible aux Frères qui ont déjà une longue expérience maçonnique ?
  • Pourquoi le Maître Maçon de la Marque est il pratiqué après le grade de Maître Maçon alors que sa symbolique est fortement compagnonnique ?

A côté de cela, il a été remarqué que certains rites tel le Rite Écossais Rectifié n’était plus pratiqué de façon « régulière », à savoir avec l’étude de son fond doctrinal dès le premier grade, à quelques exceptions près ; cette pratique ou cet absence de connaissance aboutissant dans certaines obédiences à des modifications régulières des rituels de ce rite et donc à la transformation du message originel qu’il transmettait au cours de ses différentes initiations.

Voulant revenir à un rite à la fois simple dans sa forme et riche d’un symbolisme européen, le créateur du Rite Moderne d’Écosse l’a inscrit dans un syncrétisme influencé par 3 rites principaux :

Le premier rite est le Rite Écossais Rectifié et notamment sa dimension chevaleresque ; sa chevalerie « en dentelle »1Référence à Joseph de Maistre et à sa citation « Qu’est-ce qu’un Chevalier créé aux bougies dans le fond d’un appartement et dont la dignité s’évapore dès qu’on ouvre la porte ? » qui sent bon les boudoirs et antichambres du 18e siècle a servi de base aux grades chevaleresques du Rite Moderne d’Écosse, notamment aux grades d’Écuyer et de Chevalier Libre. D’ailleurs, le Rite Moderne d’Écosse se considère être la troisième évolution d’une même chevalerie qui a commencé par l’ordre néo templier des Stuart, qui est devenue maçonnique avec l’Ordre de Stricte Observance, qui a été réformé en Rite Écossais Rectifié et qui a évolué en Rite Moderne d’Écosse. Les tableaux communs à la SO et au RER sont d’ailleurs présents au RME dans ses différents grades.

Le second est le Rite Standard d’Écosse dans ses trois premiers grades ainsi que dans le grade de Maître Maçon de la Marque. Le Rite Standard d’Écosse est une façon de travailler anglo-saxonne qui est très fortement inspirée des rites « anciens » donc nés à Londres à partir de 1751. Il est à noter que le rite « Ancien » est celui qui va fortement influencer le Rite Anglais encore appelé « Émulation » ainsi que le rite Américain dit d’York. Le Standard d’Écosse s’inscrit donc dans le courant des rites Anciens et contrairement à ce que beaucoup pensent, il n’a que peu de lien avec la maçonnerie des maçons opératifs. Le Rite Moderne d’Écosse va ainsi puiser dans l’organisation du Standard d’Écosse pour structurer ses grades symboliques ; conformément à ce qui se pratique dans certaines loges écossaises (au sens géographique), le grade dit « de la marque » est pratiqué comme s’il était une seconde partie du grade de Compagnon. De même, le Royal Order of Scotland, side degrees pratiqués en Écosse, a servi de référence pour le grade de Rose+Croix de la Tour du RME.

Le troisième est le Rite Moderne ; à savoir le premier rite maçonnique qui soit apparu en France vers 1728 et qui était le rite originel de la Grande Loge de Londres. La position des Surveillants, les mots des différents grades sont résolument modernes au RME. L’usage du Rite Moderne témoigne d’une volonté affichée de revenir aux sources de la Franc-Maçonnerie.

Les influences européennes

Le continent européen possède un très grand fond légendaire moyenâgeux fondé sur la chevalerie et le druidisme. C’est ce fond qui a été utilisé pour construire le cheminement initiatique des Frères et Sœurs qui participent à ce rite, tout en gardant en mémoire que ceux qui ont fondé la première Grande Loge maçonnique à Londres en 1717 ont pour la plupart fondé la même année le Druid Order.

Aux grades symboliques maçonniques se succèdent les grades dits « arthuriens » qui font largement référence à la quête spirituelle des chevaliers de la Table Ronde et notamment celle du Graal. La symbolique légendaire fait référence à Joseph d’Arimathie et son périple d’Orient en Occident, au Roi Pellès et au château de Corbenic, à la contemplation d’Avalon…

Au delà des grades arthuriens se situent les grades chevaleresques et les grades sacerdotaux qui développent respectivement la chevalerie et le druidisme.

Son organisation

Le parcours maçonnique qu’il propose à ses membres se déroule en plusieurs temps et dans des structures différentes. Il y a 2 structures principales.

La première est la Loge symbolique qui a autorité sur les grades de :

  1. Apprenti ; c’est le premier grade, celui qui permet d’entrer dans la fraternité et de comprendre comment une loge fonctionne. C’est un grade de réelle découverte.
  2. Compagnon (et Compagnon de la Marque) ; le compagnon est celui qui part découvrir les autres façons de travailler, les autres loges. Ce grade est – conformément à certains usages écossais – complété par celui de Compagnon de la Marque considéré comme la seconde partie du grade.
  3. Maître Maçon ; c’est le grade qui confère la plénitude des droits maçonniques et qui permet d’accéder aux fonctions d’officiers de loge.

La seconde est le Clan qui a autorité sur les grades de :

  1. Maître Écossais ;
  2. Rose+Croix de la Tour ;

L’initié a ensuite le choix de son parcours ; soit il opte pour une démarche chevaleresques soit il va vers une démarche très spirituelle. Ces parcours sont toujours effectués au sein d’un Clan. Remarquons que les grades sacerdotaux se pratiquent en « clairières » au sein du clan auxquelles participent que les Druides et Marcassins.

  1. Écuyer  ou Marcassin
  2. Chevalier libre ou Druide

Il existe un Souverain Collège qui coordonne l’ensemble des structures du rite. Les composantes essentielles sont la loge symbolique et le clan. Conformément aux traditions maçonniques internationales, le rite et ses structures sont placés sous l’autorité administrative de l’obédience.

Ce rite est exclusivement pratiqué par le Grande Loge Franco-Maltaise.

Notes

1 Référence à Joseph de Maistre et à sa citation « Qu’est-ce qu’un Chevalier créé aux bougies dans le fond d’un appartement et dont la dignité s’évapore dès qu’on ouvre la porte ? »